Dans le tumulte des Finales NBA, alors que le Madison Square Garden s’est transformé en une arène romaine survoltée sous les yeux d’un public de stars incluant le président Donald Trump, une image résume à elle seule la force tranquille des San Antonio Spurs. Celle de deux géants, assis côte à côte à l’arrière du bus de l’équipe, coupés du monde, des carnets à croquis sur les genoux. À 22 ans, Victor Wembanyama n’est pas seulement le joueur générationnel qui guide les Spurs sur le terrain. Il est devenu le mentor attitré du rookie Carter Bryant, 20 ans, sélectionné l’été dernier. Une connexion unique qui dépasse largement le cadre du parquet et redéfinit la notion même de leadership.
Pour survivre à la pression médiatique et mentale d’une première campagne de Finales, Bryant a révélé s’en remettre totalement aux conseils de son leader. C’est « Wemby » qui a instauré ce rituel de décompression: fuir les écrans, s’asseoir ensemble lors des déplacements, et dessiner pour évacuer le stress. Tout le monde a vu Vic réagir tout au long de l’année, confie Carter Bryant. Pour nous, c’est évident: il est la tête du serpent. Il a prouvé maintes et maintes fois qu’il est prêt pour les plus grands moments, sur les plus grandes scènes. Quand vous avez un leader de ce calibre, vous n’avez plus qu’à suivre le mouvement, à monter à bord et à jouer avec une passion immense. Cela vous donne une confiance et un aplomb que personne ne peut vous enlever.
Pour le jeune ailier, vivre ces moments de haute tension relève du conte de fées, mais l’influence de Wembanyama l’aide à garder les pieds sur terre. Pas question de se laisser griser: « C’est fou, les playoffs en général, mais surtout les finales. Ma mère me répète tout le temps: « Prends juste le temps de tout apprécier. » Si on avait dit ça au Carter de huit ans, il serait en train de courir partout en hurlant autour de son panier de basket à la maison. Il faut réaliser la chance qu’on a. Il y a énormément de joueurs qui passent 10 ou 20 ans dans cette ligue sans jamais avoir l’opportunité de disputer une finale. On ne prend rien pour acquis, parce qu’on ne sait jamais si on aura l’occasion de revenir à ce niveau. »
Cette insouciance face à la tempête s’est matérialisée lors d’un Match 3 irrespirable à New York. À l’écoute des vétérans et de son jeune mentor, Bryant applique une recette simple pour faire abstraction du contexte: Le plus important, c’est que le basket, ça reste du basket, quoi qu’il arrive. Peu importe l’endroit où l’on joue ou l’adversaire en face: le ballon rebondira de la même façon, le panier est situé à la même distance et la ligne à trois points ne bouge pas. Dès que vous gardez en tête que le basket reste du basket, tout le reste disparaît. Pour un vestiaire si jeune, voir un joueur de 22 ans afficher une telle sérénité et guider ses pairs avec autant de bienveillance est la preuve que la culture des Spurs a trouvé son nouvel ancrage pour la prochaine décennie.

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